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    Connectivité nomade 12 min de lecture 21 septembre 2026

    Internet en nomade : 4G, 5G ou satellite ?

    Le réflexe, c'est de chercher la couverture. En Europe, elle est largement là : le cellulaire couvre la grande majorité des routes et des littoraux. Le vrai arbitrage a changé de colonne — il est passé dans le bilan électrique. Un terminal satellite actif consomme l'ordre de grandeur d'un frigo à compression. C'est le chiffre que personne ne budgète.

    40–75 W

    grand terminal satellite actif ; ~20 W en veille

    5–12 W

    routeur 4G/5G avec antenne extérieure

    10–15 %

    perdus en passant par un onduleur 230 V

    3 j/mois

    seuil sous lequel le cellulaire gagne

    Pourquoi la connexion est devenue un poste du bilan électrique

    Un terminal satellite en orbite basse tire de l'ordre de 40 à 75 W en fonctionnement et une vingtaine de watts en veille ; le modèle compact descend vers 20 à 40 W. Dix heures par jour, cela fait 0,4 à 0,75 kWh quotidiens — exactement l'ordre de grandeur d'un frigo à compression 12 V. Dans un van, c'est un deuxième frigo ajouté sans l'avoir prévu.

    Le chemin d'alimentation pèse aussi. Alimenter un terminal en 230 V à travers un onduleur coûte 10 à 15 % de plus que la même charge prise nativement en 12 V, onduleur allumé en permanence compris. Et c'est la veille, pas les pointes, qui vide le parc : un terminal laissé sous tension toute la journée consomme davantage qu'une session de travail ciblée. La connexion se dimensionne donc comme le froid — en kWh par jour, pas en mégabits.

    Trois façons de se connecter, et ce que chacune coûte vraiment

    • • Partage de connexion du téléphone — 2 à 5 W, rien à installer, aucun abonnement supplémentaire. Le défaut n'est pas la consommation : c'est que le téléphone chauffe, se vide et devient indisponible, alors qu'il est aussi la navigation et le moyen d'alerte. Dépannage plutôt que solution de travail.
    • • Routeur 4G/5G avec antenne MIMO extérieure — 5 à 12 W selon le modèle et le nombre d'utilisateurs. Le meilleur rapport watts/débit en Europe. L'antenne extérieure bat l'amplificateur dans la plupart des cas réels : ce qui fait tomber l'appel, c'est la voie montante — le signal faible que votre matériel renvoie vers le relais — et une antenne fixée haut, dégagée du toit métallique, agit dans les deux sens.
    • • Internet satellite en orbite basse (Starlink aujourd'hui, ses concurrents annoncés demain) — 40 à 75 W actif, 20 à 40 W pour le modèle compact, plus un abonnement mensuel sans commune mesure avec un forfait cellulaire. En contrepartie : du haut débit là où aucun relais ne porte. L'antenne a besoin de ciel — arbres, falaises et gréement d'un port coûtent du débit — et l'usage en roulant exige le matériel plat haute performance et l'abonnement qui va avec, pas la version fixe posée sur le toit.

    Côté abonnement, l'itinérance est incluse dans la plupart des forfaits français au sein de l'UE et de l'EEE. Mais l'« illimité » ne l'est pas à l'étranger : un plafond d'usage raisonnable, souvent de quelques dizaines de gigaoctets par mois, s'applique dès que vous quittez le pays. Ce qui termine le mois, ce n'est pas la couverture — c'est le plafond. Il se vérifie avant de tracer l'itinéraire, pas après.

    La règle de décision, et le cas où le satellite est la mauvaise réponse

    Moins de 3 jours par mois hors couverture — le cellulaire gagne

    Comptez les jours du mois où vous serez réellement hors couverture cellulaire ET où vous aurez besoin de haut débit. Sous trois, un routeur et une antenne extérieure gagnent sur tous les axes : watts, poids, encombrement, coût mensuel. Le satellite serait ici du matériel payé et transporté pour rester éteint.

    3 à 10 jours par mois — le mix, satellite résilié entre deux saisons

    Cellulaire en principal, satellite en secours, allumé pour la tâche et éteint après. L'abonnement se suspend hors saison : c'est le coût récurrent, pas le matériel, qui pèse sur l'année.

    Hauturier, zones blanches, travail qui ne peut pas tomber — le satellite gagne ses watts

    Au large, dans les intérieurs sans relais (nord scandinave, intérieur ibérique, fonds de vallées alpines) et pour les visioconférences qui ne peuvent pas couper, il n'existe pas d'alternative. À partir de là, il se budgète comme un frigo : alimenté en continu sans onduleur quand le modèle l'accepte, avec sa part réservée dans le parc et dans le solaire.

    À retenir

    • Un terminal satellite actif tire 40–75 W (20–40 W pour le modèle compact) et ~20 W en veille : 0,4–0,75 kWh/jour sur dix heures, l'ordre de grandeur d'un frigo à compression 12 V.
    • Un routeur 4G/5G avec antenne MIMO extérieure tient dans 5–12 W ; le partage de connexion coûte 2–5 W mais vide le téléphone, qui est aussi la navigation et l'alerte.
    • L'antenne extérieure bat l'amplificateur dans la plupart des cas : c'est la voie montante, pas le téléchargement, qui fait tomber l'appel.
    • En itinérance UE, c'est le plafond d'usage raisonnable — quelques dizaines de gigaoctets — et non la couverture, qui termine le mois.
    • Règle : sous trois jours par mois hors couverture avec besoin de haut débit, le cellulaire gagne sur tous les axes, poids compris.

    FAQ

    Un communicateur satellite remplace-t-il l'internet satellite ?

    Non : ils résolvent deux problèmes différents. Un communicateur satellite bidirectionnel couvre le SOS, les messages courts et les bulletins météo : il pèse des grammes et consomme des milliwattheures, donc son autonomie se compte en semaines selon l'intervalle de suivi. L'internet satellite, c'est du haut débit et des dizaines de watts. Beaucoup d'équipages embarquent les deux : le communicateur pour la sécurité, le cellulaire pour travailler, et l'internet satellite seulement si l'itinéraire le justifie.

    Antenne extérieure ou amplificateur ?

    L'antenne extérieure gagne dans la plupart des cas réels. Ce qui fait tomber un appel, c'est la voie montante, pas le téléchargement : un amplificateur amplifie aussi le bruit et reste strictement encadré, alors qu'une antenne MIMO correctement posée améliore les deux sens. Là où il n'y a vraiment aucun signal, ni l'un ni l'autre ne sert — il ne reste qu'à se déplacer ou à passer au satellite.

    Le forfait européen suffit-il pour travailler depuis l'étranger ?

    Dans l'UE et l'EEE, l'itinérance est incluse dans la plupart des forfaits français, mais les données « illimitées » sont plafonnées à l'étranger par l'usage raisonnable — souvent quelques dizaines de gigaoctets par mois. C'est ce plafond, et non la couverture, qui termine le mois de celui qui fait des visioconférences ou envoie des fichiers. Le volume d'usage raisonnable se vérifie avant l'itinéraire, pas après.

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