Par Azimut AI · Publié le · Mis à jour le · Notre charte éditoriale
Rentabilité des panneaux solaires en 2026 : le calcul après la réforme du tarif d'achat
Depuis l'arrêté du 1ᵉʳ juin 2026, le surplus injecté par une installation de 0 à 100 kWc n'est plus racheté que 1,1 c€/kWh et la prime à l'autoconsommation est supprimée pour les nouvelles demandes de raccordement. La rentabilité se calcule donc sur le kWh que vous n'achetez plus — 0,2001 €/kWh au tarif réglementé d'août 2026 — et non sur la revente. Voici la méthode complète, avec des chiffres recalculés aux tarifs en vigueur.
0,2001 €
par kWh évité (tarif réglementé Base, août 2026)
1,1 c€
par kWh de surplus injecté (tarif unique 2026)
× 18
valeur d'un kWh consommé sur place vs un kWh vendu
70 % / 85 %
autoconsommation retenue sans / avec batterie (ADEME)
Calculez le potentiel solaire de votre code postal :
Score calculé en 30 secondes · Données PVGIS, Météo-France, ADEME
Ce qui a changé le 1ᵉʳ juin 2026 : la réforme du tarif d'achat
L'arrêté du 1ᵉʳ juin 2026, publié au Journal officiel le 4 juin, modifie l'arrêté tarifaire du 6 octobre 2021 dit « S21 », qui fixe les conditions d'achat de l'électricité des installations photovoltaïques sur bâtiment. Quatre changements comptent pour un particulier :
- Un tarif d'achat unique de 1,1 c€/kWh pour toutes les puissances de 0 à 100 kWc, à la place des anciennes grilles par tranche de puissance.
- Une indexation de 2 % par an sur la durée du contrat ; le tarif des nouvelles demandes n'est plus révisé chaque trimestre.
- La suppression des primes à l'investissement, dont la prime à l'autoconsommation versée jusqu'ici aux installations en vente du surplus.
- La fin de la vente en totalité jusqu'à 9 kWc : une petite installation ne peut plus vendre toute sa production, seulement son surplus.
Les installations déjà sous contrat ne sont pas concernées : selon photovoltaique.info, les contrats signés et les demandes complètes de raccordement déposées avant l'entrée en vigueur du texte gardent leurs conditions. Pour un projet lancé aujourd'hui, la conséquence est simple : chaque kWh consommé sur place vaut environ 18 fois un kWh vendu. L'autoconsommation et, le cas échéant, le stockage pèsent désormais bien plus lourd que la revente.
Taux d'autoconsommation et taux d'autoproduction : ne pas les confondre
Ces deux taux répondent à deux questions différentes, et les devis les mélangent souvent. Les définitions ci-dessous sont celles de photovoltaique.info, le centre de ressources du photovoltaïque soutenu par l'ADEME.
Taux d'autoconsommation = kWh consommés sur place ÷ kWh produits
Taux d'autoproduction = kWh consommés sur place ÷ kWh consommés
Le premier dit quelle part de votre production échappe au surplus mal payé. Le second dit quelle part de vos besoins vous couvrez vous-même : c'est lui qui mesure votre autonomie énergétique vis-à-vis du réseau.
Notre simulateur retient les références ADEME : 70 % sans batterie, 85 % avec une batterie d'au moins 5 kWh, appliqués au plus petit des deux volumes — production ou consommation. Conséquence visible dans le tableau plus bas : un 6 kWc sur un foyer de 4 700 kWh/an couvre 70 % de la consommation (autoproduction), mais n'autoconsomme que 50 % de sa production. Le reste part en surplus à 1,1 c€.
Étape 1 : calculer la production de votre toiture
La production annuelle se calcule à partir du productible local publié par l'outil PVGIS de la Commission européenne :
Formule de production annuelle
Production (kWh/an) = Puissance installée (kWc) × Productible local (kWh/kWc/an)
Le productible PVGIS est déjà net des pertes du système (câblage, onduleur, température) : il ne faut pas le multiplier une seconde fois par un rendement. C'est aussi la convention du simulateur Azimut.
Exemple : 6 kWc au productible moyen de 1 100 kWh/kWc/an → 6 × 1 100 = 6 600 kWh/an. Le productible varie d'environ 950 kWh/kWc/an dans le Nord à 1 450 sur le pourtour méditerranéen ; le tableau détaillé est dans notre article rentabilité des panneaux solaires par région.
Le productible de votre adresse se calcule gratuitement sur PVGIS (outil officiel de la Commission européenne), avec votre orientation et votre inclinaison réelles.
Étape 2 : économie annuelle et durée d'amortissement
L'économie de la première année additionne deux lignes très inégales depuis la réforme :
Économie = kWh consommés sur place × 0,2001 € + kWh injectés × 0,011 €
Le tableau applique cette formule à trois tailles d'installation pour le même foyer de référence (4 700 kWh/an, productible 1 100 kWh/kWc/an, sans batterie). Il est recalculé à partir des constantes du simulateur.
| Installation | Production | Autoconso. | Autoprod. | Économie an 1 | Amortissement |
|---|---|---|---|---|---|
| 3 kWc (6 600 €) | 3 300 kWh | 70 % | 49 % | 473 € | 12,8 ans |
| 6 kWc (13 200 €) | 6 600 kWh | 50 % | 70 % | 695 € | 16,8 ans |
| 9 kWc (19 800 €) | 9 900 kWh | 33 % | 70 % | 731 € | 22,6 ans |
Hypothèses : coût posé de 2 200 €/kWc (hypothèse du simulateur, à remplacer par votre devis), kWh évité au tarif réglementé Base du 1ᵉʳ août 2026, surplus au tarif unique de l'arrêté du 1ᵉʳ juin 2026, pas de prime. Amortissement calculé par le modèle du simulateur : dégradation des modules 0,6 %/an, entretien 1 % du coût par an, hausse du prix de l'électricité 4 %/an, horizon 25 ans.
La lecture est sans appel. Passer de 3 à 9 kWc triple la production, mais l'économie annuelle ne passe que de 473 € à 731 € : au-delà de ce que le foyer consomme, chaque kWh supplémentaire ne rapporte que 1,1 c€. L'installation ajustée se rembourse en 12,8 ans, la surdimensionnée en 22,6 ans. Le surplus d'un 6 kWc — 3 310 kWh — ne rapporte plus que 36 € par an.
Prix 2026 et TVA
Le tableau retient 2 200 €/kWc, le point de travail du simulateur pour 6 kWc, pour toutes les tailles. Selon les repères ci-dessous, le prix au kWc baisse quand la puissance monte : ce sont les fourchettes de prix posé, TVA à 5,5 % comprise, retenues comme hypothèses par le simulateur (il n'existe pas de grille officielle de prix au kWc). Ce sont des ordres de grandeur : votre devis fait foi.
- 3 kWc : 2 500 à 3 500 €/kWc, soit 7 500 à 10 500 € TTC.
- 6 kWc : 2 000 à 2 800 €/kWc, soit 12 000 à 16 800 € TTC.
- 9 kWc : 1 800 à 2 600 €/kWc, soit 16 200 à 23 400 € TTC.
Compté à 2 200 €/kWc, le 3 kWc du tableau est sous sa fourchette : son coût est sans doute sous-estimé, et son amortissement trop court.
La TVA à 5,5 % s'applique depuis le 1ᵉʳ octobre 2025 à la fourniture et à la pose, dans un logement, d'une installation de 9 kWc au plus dont les modules respectent les critères de l'arrêté du 8 septembre 2025 (publié au Journal officiel du 9 septembre 2025 : bilan carbone, teneur en argent, en plomb et en cadmium), avec un système de gestion de l'énergie (BOFiP). Hors de ces conditions, le taux est de 20 % : l'ancien taux de 10 % ne vaut plus que pour un devis daté, accepté et suivi d'un acompte ou d'une offre de financement avant le 1ᵉʳ janvier 2026 (BOFiP du 9 septembre 2026). La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, article 94) y ajoute une pose par un installateur certifié ou qualifié, que l'administration doit encore commenter (BOFiP). Une batterie est facturée à 20 %, et un ensemble panneaux et batterie vendu comme une seule prestation l'est en entier (exemples du BOFiP). Le détail, ligne par ligne : TVA 5,5 % rénovation énergétique.
Taux et textes vérifiés le 14 octobre 2026.
Étape 3 : dimensionner sur votre consommation, pas sur votre toit
La bonne taille est celle dont la production est consommée sur place. Trois leviers augmentent cette part sans rien acheter de plus :
- Partir de vos relevés réels : la consommation annuelle et, si possible, la courbe de charge de votre compteur communicant, pour savoir ce que vous consommez entre 10 h et 16 h.
- Déplacer les usages en journée : lave-linge, lave-vaisselle, chauffe-eau électrique ou thermodynamique, recharge d'un véhicule électrique.
- Envisager le stockage seulement ensuite : une batterie fait passer le taux retenu de 70 % à 85 %, mais son coût doit être comparé au gain réel — le calcul est détaillé dans notre guide batterie de stockage solaire. Les offres de stockage sans matériel se jugent de la même façon : batterie virtuelle : rentable avec un rachat à 1,1 c€/kWh ?
Ce raisonnement vaut pour toute l'électricité de la maison : il est repris, avec le calcul par code postal, sur notre page autonomie énergétique de la maison. Pour situer le solaire parmi l'eau, le chauffage et l'alimentation, le calculateur maison autonome chiffre les quatre postes pour votre commune.
À retenir
- Arrêté du 1ᵉʳ juin 2026 (JO du 4 juin) : surplus racheté 1,1 c€/kWh de 0 à 100 kWc, indexé 2 %/an ; primes à l'investissement supprimées ; plus de vente en totalité jusqu'à 9 kWc. Les contrats en cours ne changent pas.
- Un kWh consommé sur place évite 0,2001 € (tarif réglementé, août 2026), soit environ 18 fois la valeur d'un kWh injecté : la rentabilité vient de l'autoconsommation.
- Taux d'autoconsommation = consommé sur place ÷ produit ; taux d'autoproduction = consommé sur place ÷ consommé. Le second mesure votre autonomie vis-à-vis du réseau.
- Production annuelle = kWc × productible PVGIS (déjà net des pertes) : ne remultipliez pas par un rendement.
- Sur le foyer de référence, 3 kWc se rembourse en 12,8 ans et 9 kWc en 22,6 ans : dimensionnez sur votre consommation, pas sur la surface de toiture.
- TVA à 5,5 % depuis le 1ᵉʳ octobre 2025 jusqu'à 9 kWc, si les modules respectent l'arrêté du 8 septembre 2025 ; sinon 20 %. Une batterie est à 20 %, comme un ensemble panneaux + batterie vendu d'un bloc.
Questions fréquentes sur la rentabilité solaire
La prime à l'autoconsommation existe-t-elle encore en 2026 ?
Non. L'arrêté du 1ᵉʳ juin 2026, publié au Journal officiel le 4 juin 2026, modifie l'arrêté tarifaire « S21 » du 6 octobre 2021 : les primes à l'investissement, dont la prime à l'autoconsommation, sont supprimées pour les nouvelles demandes de raccordement. D'après photovoltaique.info, les contrats déjà signés et les demandes complètes déposées avant son entrée en vigueur conservent leurs conditions. Pour une installation neuve, la rentabilité repose donc sur les kWh consommés sur place.
À combien est racheté le surplus solaire en 2026 ?
1,1 c€/kWh pour toutes les installations de 0 à 100 kWc, en tarif unique indexé de 2 % par an sur la durée du contrat (arrêté du 1ᵉʳ juin 2026). Jusqu'à 9 kWc inclus, la vente de la totalité de la production n'est plus possible : seule la vente du surplus reste ouverte. Un kWh consommé sur place évite l'achat d'un kWh à 0,2001 € (tarif réglementé option Base, août 2026), soit environ 18 fois la valeur d'un kWh injecté.
Quelle différence entre taux d'autoconsommation et taux d'autoproduction ?
Le taux d'autoconsommation est la part de votre PRODUCTION que vous consommez sur place (kWh autoconsommés ÷ kWh produits). Le taux d'autoproduction est la part de votre CONSOMMATION couverte par vos panneaux (kWh autoconsommés ÷ kWh consommés) : c'est lui qui mesure votre autonomie vis-à-vis du réseau. Une grande installation peut avoir un fort taux d'autoproduction et un faible taux d'autoconsommation, donc beaucoup de surplus mal payé.
Faut-il déclarer les revenus de la vente du surplus aux impôts ?
Les revenus de la vente d'électricité photovoltaïque sont exonérés d'impôt sur le revenu (article 35 ter du Code général des impôts) pour une installation d'au plus 3 kWc, raccordée au réseau en deux points au plus et non affectée à une activité professionnelle. Au-delà, ils relèvent des bénéfices industriels et commerciaux. Au tarif de 2026, ce revenu est de toute façon faible : quelques dizaines d'euros par an pour un foyer type.
Quelle orientation de toiture choisir pour des panneaux solaires ?
En France métropolitaine, une toiture orientée au sud et inclinée d'environ 30° maximise la production annuelle ; est et ouest produisent moins mais étalent la production sur la matinée et la soirée, ce qui peut améliorer l'autoconsommation. Le simulateur PVGIS de la Commission européenne calcule gratuitement la production pour votre adresse, votre orientation et votre inclinaison.
Sources
Le solaire pèse 40 % du score d'autonomie ; l'eau, le chauffage et l'alimentation sont chiffrés dans les guides ci-dessous.
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Les chiffres de cet article sont des moyennes. Votre score réel dépend de votre code postal, de votre surface de toiture, et de votre consommation. Calculez-le gratuitement en 2 minutes.
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